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Témoignage d’Eve-Anne

Eve-Anne, rousse de 17 ans, a posé pour le photographe Pascal Sacleux, dans le cadre de l’ouvrage Ornements de rousseur à paraître en juin 2018. Elle nous livre ici ses réflexions sur sa belle particularité.

Je pense que la couleur de mes cheveux a forcément eu un impact sur mes relations sociales, mais je dirais que toutes les caractéristiques qui nous rendent uniques ont un impact sur notre rapport à l’autre. Pour moi les relations sociales sont le reflets des différents aspects de notre personnalité qui elle-même est influencée par nos caractéristiques et notre vécu.

« J’ai choisi de m’affirmer. »

C’est seulement arrivée au lycée que j’ai réussi à être plus « moi-même », à m’assumer en tant que rousse en laissant détachés mes cheveux et en tant que personne. En effet il y a des étapes de la vie où il est plus facile de suivre le troupeau plutôt que de s’affirmer. J’ai choisi de m’affirmer et je n’en suis que plus heureuse dans mes relations sociales.

« Pour la première fois, c’était trop. »

La fois où un garçon m’a offert devant tout le monde au lycée une teinture pour cheveux noire en me disant « comme ça, tu vas pouvoir pécho sans tes cheveux roux », j’ai été choquée. On ne s’était jamais vraiment moqué de moi en tant que rousse. En tout cas j’avais toujours pris ça à la rigolade. Mais pour la première fois, c’était trop. Je trouve ça drôle les blagues sur les roux, je suis la première à en faire avec mes amis mais eux savent qu’il y a des fois où c’est lourd et ils savent s’arrêter. Ce garçon n’a pas su . Sans doute par manque de maturité ou débilité. Je ne lui en veux pas, j’ai plutôt pitié de lui.

Je vis très bien le fait d’être rousse. J’aime bien cette couleur en plus. J’aime ne pas être comme tout le monde depuis toute petite. Alors que ma couleur de cheveux soit particulière est une aubaine pour moi.

« On est sans cesse en train de stigmatiser les différences. »

Je pense que le projet de Pascal Sacleux est important pour permettre à des personnes pensant que c’est un handicap d’être roux d’arrêter de penser de la sorte et d’être heureux d’être comme ils sont. Je pense que l’idée de ce projet ne s’arrête pas aux personnes rousses mais à toutes les personnes faisant partie de minorités. On est sans cesse en train de stigmatiser les différences et c’est ce qui créé du communautarisme, qui nous divise et nous sépare encore un peu plus. Alors, si l’on arrêtait et qu’on s’aimait un peu plus, ça irait pas mieux dans le monde ? Je sais que c’est une utopie, un rêve, un monde où tout le monde s’aimerait, mais pour vivre comme on le souhaite et changer le monde, il faut rêver. Alors rêvons.

 

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Élodie

Blogueuse 100% rousse. Bavarde sans être verbeuse, insoumise mais pas inflexible, j’exhibe ma crinière avec fierté et caractère. Amis roux et rousses, ce blog vous est entièrement dédié !

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