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Témoignage de Sonia

Pour Sonia, la rousseur est une histoire de famille ! Rousse comme son frère et son père, elle nous parle ici de son expérience et de son ressenti : du regard des autres au doute sur soi, des préjugés faciles à l’affirmation de ce que l’on est, il n’est pas toujours simple de trouver sa place. À 31 ans, elle, semble y être arrivée !

À la base, je ne suis pas aussi rousse que les autres. Ma couleur d’origine est auburn (châtain-roux).

Il y a eu l’époque du collège, où j’ai eu pas mal de surnoms et de réflexions à cause de ma couleur de cheveux en plus de ma tenue vestimentaire décalée. Par exemple, on me disait « poil de carotte », « enfant de Satan », « une rousse qui pue », « Mylène Farmer » ou « Valérianne » de la série Salut Les Musclés (oui bien sûr, soyons fous !). J’ai aussi eu le droit à  « Ils sont très jolis tes cheveux… tu as pissé dessus pour qu’ils aient cette couleur-là ? »…

« Je n’ai pas que des mauvais souvenirs »

Des adultes, des personnes âgées n’arrêtaient pas de toucher mes cheveux à tel point qu’ils les trouvaient magnifiques.

Et aujourd’hui, j’ai d’autres surnoms bien plus mignons comme « petit écureuil », « petite crevette » ou même « un phœnix », ça change de l’enfance !!

« Mon père était le seul roux de sa fratrie. »

Du côté de ma famille, mon frère aussi est roux, ainsi que mon père, qui parmi ses frères et sœurs, était le seul roux. Avec mes grands-parents, je sentais bien que j’étais mal vue (comme mon père d’ailleurs), il y avait et il y a toujours du favoritisme. Si on fait une échelle des chouchous aux vilains petits canards, je n’étais qu’un stupide caneton, et les autres étaient les « plus beaux », peut-être parce qu’ils sont blonds ou bruns comme leurs parents. Quand mon père parlait de moi ou mon frère, mes grands-parents faisaient la comparaison avec les autres cousin(e)s (eux, c’est mieux !!)…

Côté amical, j’ai deux meilleurs amis d’enfance (Sabrina et David). Cela fait 30 ans qu’on se fréquente, et eux, ainsi que d’autres amis, ont toujours respecté ma rousseur.

Mon mari n’a rien contre les roux, bien au contraire. Il n’hésite jamais à les défendre, et le jour où on attendra un heureux événement, il voudrait bien avoir un(e) petit(e) rouquin(e).

Il y a pas mal d’anecdotes qui m’ont marquée, mais il y a deux souvenirs par dessus tout.

Selon les dires de mon père, quand il était né, ma grand-mère a dit : « Si j’avais vu que son père était roux, je ne me serais certainement pas mariée avec lui !!! ». Ou encore, comme nous étions nés à 4 ans d’intervalle avec mon frère, elle espérait qu’on pleurerait et que comme ça, notre père saurait ce que c’est. Mon père est décédé il y a huit ans. Et ce qui m’a surtout frappée, c’est que, de son vivant, la plupart des membres de la famille le prenaient pour un idiot, et aujourd’hui, il leur manque terriblement.

« Oh ! Un rouquin !! »

Le deuxième souvenir date de l’année dernière. C’était le jour de l’enterrement de vie de garçon/jeune fille. Un « ami » qui, soit-disant, adore les rousses. Quand il a vu mon frère pour la première fois, il a dit : « Oh ! Un rouquin !! ». C’était censé être une super journée, mais arrivé au soir, il balançait non stop les blagues et les préjugés sur les roux. Ça a fait rire tout le monde au début (Quoi… une minute ? Pas plus ?!), mais toute la soirée il ne faisait que ça ! Plus personne ne riait, il n’y avait que lui… Ça nous a gâché notre fête. J’étais à deux doigts de l’envoyer balader mais c’est mon mari qui s’en est chargé en le prenant à part :
– S’il te plaît, arrête avec tes blagues sur les roux, là !!
– Ouais mais c’est marrant, non ?
– Tu es tout seul à rire !! Sonia et Ludo ont vécu des moqueries à cause de ça !! Là, ma femme est fumasse !!!!
– Ah pardon. Excuse-moi.
– C’est à eux que tu dois faire des excuses. Pas à moi !
Et qui c’est qui s’est excusé ???… Sa femme… Lui, il ne l’a jamais fait…

Comparée à mon frère (qui a subi plus de moqueries que moi et en subit encore aujourd’hui), j’étais aux anges malgré tout.
Toutefois si j’avais été brune ou blonde, peu de choses auraient changé car, il y a toujours mon physique très menu qui revient tout le temps sur le tapis.

« J’étais très complexée par ma couleur de cheveux. »

Quand j’avais 16 ans, j’ai voulu me teindre les cheveux en noir. Mes parents me l’ont formellement interdit. Ma mère a toujours adoré mes cheveux et aujourd’hui encore. Mon père était fier de sa rousseur. Il m’a dit : « T’en n’as rien à faire des autres ! C’est ta vie, pas la leur !!! ».
Même au lycée mes camarades de classes me l’ont vivement déconseillé aussi, parce qu’elles trouvaient que ce serait carrément du gâchis de faire une coloration par dessus.

Du coup, j’ai fini par accepter ma couleur de cheveux. Bon ok, je fais des mèches cuivrées depuis, mais pour leur apporter davantage de flamboyance.

« Il ne faut pas que la blague dure trop longtemps. »

Les préjugés sur les roux, c’est comme les blagues sur les blondes. C’est marrant deux minutes, mais au bout d’un moment, ça devient très lourd…
Les gens, qui font des blagues sur les roux et qui trouvent ça drôle, ne comprennent pas forcément pourquoi on n’en rit pas.

« J’étais ravie de voir autant de roux »

J’ai décidé de participer au projet de Pascal Sacleux parce que c’était proche de chez moi déjà, et j’ai lu sur Ouest-France qu’il en avait fait dans d’autres villes auparavant. Je trouvais cela très intéressant. Voir tant de roux qui ont participé était ultra impressionnant !!!  Aussi idiot que cela puisse paraître, je n’aurais jamais pensé qu’on soit si nombreux en fin de compte, malgré le très faible pourcentage mondial de roux…

Élodie

Blogueuse 100% rousse. Bavarde sans être verbeuse, insoumise mais pas inflexible, j’exhibe ma crinière avec fierté et caractère. Amis roux et rousses, ce blog vous est entièrement dédié !

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