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Témoignage de Valérie

De la différence imposée à la différence assumée, il n’y a qu’un pas ! C’est celui qu’a franchi Valérie, femme rousse de 37 ans. Aujourd’hui fière de singularité capillaire, elle partage avec nous ses souvenirs et son ressenti.

Ma couleur de cheveux a marqué mes relations sociales durant une grande partie de ma scolarité, c’est certain. Quand j’étais en CP (dans les années 80), je me souviens d’un « grand » de CM2 qui m’attendait tous les jours au portail de l’école et m’intimidait en me disant « poil de carotte ». J’avais peur de lui ! Ce n’est pas grand-chose, mais ça m’a marquée !

« J’ai eu droit à un florilège d’appellations. »

Ensuite, au collège, je fus l’objet de nombreuses remarques : « framéto », « ça sent le cramé », « si tu te teins en blonde, je sors avec toi », « t’es vraiment rousse ? Vas y, montre-nous »…

Puis, au lycée, et encore après, de la bouche de mes copains, pour rigoler : « Les roux, ça sent le pipi de lapin ». La grand-mère d’un copain : « Les roux ça pue, surtout quand il pleut »  (ben voyons)…

Ce qui était étrange, c’est que dans la sphère familiale, chez le coiffeur, je n’entendais que des compliments. Ça ne collait pas !

« J’ai longtemps eu l’impression d’être différente. »

Cela venait du fait de ma couleur de cheveux. Comme si j’avais un trait physique inhabituel. Un jour, en cours (après le bac), le prof de latin cherchait quelqu’un à interroger. C’était le début de l’année scolaire, il ne connaissait pas encore les prénoms des élèves. Et là, je l’entends qui dit avec un air sarcastique bien exagéré, en me montrant du doigt, le bras tendu, « Ha ! ha ! ha ! Y’a toujours une rousse ! ». J’en ris encore, mais sur le coup, j’avais trouvé cela quelque peu agressif…

« Cette sensation d’être différente s’est atténuée avec le temps. »

On grandit, on voyage, on découvre le monde quoi ! Aujourd’hui, on me dit même que je ne suis pas rousse…

En parlant de voyage… Lors d’un voyage au Burkina Faso en 2010, j’ai été amusée de la réaction des enfants. Ils étaient intrigués pas mes cheveux et mes taches de rousseur sur les bras et venaient me toucher discrètement et furtivement, par curiosité…

En parlant de taches, ça me rappelle un petit garçon de trois ans qui me comparait à une girafe ! Trop mignon. Ce qui me surprend, inversement, quand les gens se dénudent, aux beaux jours, c’est de voir des peaux parfaitement mates et sans taches.

« J’ai toujours aimé ma couleur de cheveux. »

Je n’y ai jamais touché, même si, enfant, j’aurais bien aimé être comme tout le monde, passer plus inaperçue… Aujourd’hui, je n’en changerais pour rien au monde ! Un seul petit regret : j’ai deux enfants mais aucun n’est roux.

Concernant les préjugés dont sont encore victimes les roux aujourd’hui, je trouve que c’est une forme de racisme, ni plus, ni moins. On n’est pas plus responsable de sa couleur de cheveux que se sa couleur de peau ! Je ne supporte aucune forme de discrimination, quelle qu’elle soit. Le fait d’être rousse m’a probablement sensibilisé à cela plus tôt dans mon enfance.

« Participer au projet de Pascal Sacleux était une manière de m’affirmer ! »

C’est mon compagnon qui a vu l’article de presse présentant le projet de Pascal Sacleux et m’a suggéré d’y participer. Ma première réaction a été de me dire que je n’y avais pas ma place, n’étant « pas vraiment rousse » (C’est ce que me disent certaines personnes aujourd’hui ! Grrr…). Puis je me suis rappelé toutes les brimades que j’ai reçues au cours de mon enfance et de mon adolescence. Mes cheveux sont devenus plus foncés avec le temps, certes, mais je me sens toujours aussi rousse qu’au premier jour ! J’ai adoré la démarche. C’était un peu bizarre sur le moment, tous ces rousses et roux au même endroit… J’ai trouvé les autres personnes tellement belles !  Merci ! C’était très chouette !

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Élodie

Blogueuse 100% rousse. Bavarde sans être verbeuse, insoumise mais pas inflexible, j’exhibe ma crinière avec fierté et caractère. Amis roux et rousses, ce blog vous est entièrement dédié !

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