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Témoignage de Marie-France

Marie-France fut l’une des premières à poser devant l’objectif de Pascal Sacleux. Âgée de 67 ans, elle nous parle d’elle et de sa singularité capillaire. Par ses paroles, elles prouve une fois de plus que même si les couleurs s’estompent, la rousseur reste… et contribue à faire ce que nous sommes aujourd’hui.

Je suis née dans les années 50, à une époque où les personnes rousses n’étaient pas mieux traitées qu’aujourd’hui.

Voici une petite anecdote qui m’a été relatée par l’une de mes parentes : à l’instant de ma naissance, lorsque ma tête est apparue, voici ce que fut le commentaire de la sage femme : « Eh bien, il était temps de la sortir du four, encore quelques instants et elle était brûlée. » C’était sans méchanceté, mais l’idée était déjà là.

Je suis la seule de mes cinq frères et sœurs à avoir cette chevelure flamboyante. Tous étaient châtains, bruns ou blonds clairs comme mes parents. Ma maman avait des origines néerlandaises.

Cette couleur de cheveux a toujours été un handicap dans ma jeunesse car je me trouvais très laide et différente. Les petits mots comme « sale rouquine » ou « poil de carotte » n’arrangèrent pas les choses… Ceci a eu un impact sur ma construction identitaire car je me cachais et était extrêmement timide.

Mon mari a les cheveux châtains et nous avons eu trois enfants roux et deux petits enfants aux cheveux roux également.
Mes enfants ont aussi eu à trouver leur place en tant que roux, mais je pense qu’ils en ont moins souffert car ils n’hésitaient pas à se défendre.
Un de mes fils qui a plus de 40 ans maintenant s’est fait traité de « sale rouquin  » il y a peu de temps. Donc ce n’est pas gagné, n’est ce pas ?

Mes cheveux ont commencé à éclaircir après 50 ans. Ils sont maintenant blancs et gardent des reflets dorés que j’espère conserver !

Je pense que ces préjugés anti-roux sont du même ordre que tous les racismes : anti-noirs, anti-arabes, anti tout ce qui est différent de soi et que certains voudraient maîtriser .

Pascal Sacleux est, je pense, une belle personne. Lorsque ma fille m’a parlé du projet, j’ai tout de suite adhéré, avec beaucoup de joie dans le cœur. Enfin nous existions.

Un seul regret et il est de taille, et à prendre avec humour, je n’ai plus les cheveux roux. Je me suis donc mise un peu en retrait sur la photo de groupe flamboyante.

Élodie

Blogueuse 100% rousse. Bavarde sans être verbeuse, insoumise mais pas inflexible, j’exhibe ma crinière avec fierté et caractère. Amis roux et rousses, ce blog vous est entièrement dédié !

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