Témoignage de Philippe

Rencontre avec Philippe, croisé à Vannes lors d’une prise de vue organisée par Pascal Sacleux. Dans le cadre du livre que je prépare avec le photographe, ce roux de 22 ans a accepté de me parler de sa couleur de cheveux et de la représentation que lui et les autres en avaient.

Ta rousseur a-t-elle eu un impact sur tes relations sociales ?

Oui et cela depuis tout petit. A l’école, j’étais différent et je le ressentais dans le regard des autres enfants. Cela me blessait intérieurement quand j’entendais dire Poil de carotte ou T’es pas beau !  Moi, on me regardait différemment et on me jugeait. J’avais en plus l’impression qu’ils ne faisaient cela qu’avec moi mais pas entre eux.

Néanmoins, il se passait quelque chose de curieux. En cours de sport, lorsqu’il fallait créer des équipes, les autres me choisissaient car j’avais de bonnes capacités physiques. Dans ces moments-là, ils me parlaient et rigolaient avec moi. Je ne leur en voulais alors plus du tout car enfin, je me sentais comme les autres.

Quand je suis tombé amoureux pour la première fois, je me suis tout de suite fait à l’idée que je ne pourrai sortir avec aucune fille. Aux yeux des autres, j’étais un extraterrestre et cela devait les faire fuir.

J’ai très souvent dit à ma mère que je ne voulais plus aller à l’école et que je voulais teindre mes cheveux. Il n’y avait finalement qu’en famille que je me sentais bien.

Quel regard portes-tu sur  ta couleur de cheveux ?

J’ai souvent pensé à me faire des teintures. Et puis mon caractère a changé… J’ai en effet commencé à me faire remarquer en classe en faisant rire mes camarades. Je me suis alors davantage intégré dans le groupe.

Puis en grandissant, je suis vite devenu devenu raisonnable, plus adulte. Depuis que je travaille, je ne me laisse plus faire. J’ai montré à tous que j’étais un homme comme les autres. A ce jour, j’ai réussi à faire oublier ma couleur de cheveux sans pour autant en avoir honte.

Que penses-tu des préjugés sur les roux ?

Je pense que cela va évoluer. Malheureusement, il y a encore beaucoup de roux victimes de moqueries. Selon moi, on rit davantage des roux que des noirs, des arabes ou des Chinois car il y a eu de nombreuses campagnes d’information pour lutter contre le racisme. Celui-ci est aujourd’hui largement condamné. En revanche, on ne parle jamais des roux et je trouve cela dommage.

Pourquoi avoir participé au projet de Pascal Sacleux à Vannes ?

Quand j’ai appris que Pascal Sacleux organisait une séance photo sur le port de Vannes, j’ai tout de suite su que je devais y aller. La présence de nombreux roux allait peut-être changer les mentalités. J’ai trouvé que c’était une superbe expérience. Je me suis dit : « Wouah ! Je ne suis pas tout seul ! ».

En partant, j’ai rencontré une belle rousse d’une vingtaine d’années, comme moi. Elle s’est approchée de moi pour savoir où se passait la prise de vue. Je lui ai indiqué la direction et elle est partie avant même que je n’ai pu lui demander son numéro de téléphone. J’aurais aimé échanger davantage avec elle, sur son ressenti en tant que rousse et sur ce qu’il était possible de faire pour changer les mentalités.

Sur le même thème :

Élodie

Blogueuse 100% rousse. Bavarde sans être verbeuse, insoumise mais pas inflexible, j’exhibe ma crinière avec fierté et caractère. Amis roux et rousses, ce blog vous est entièrement dédié !

Pas de commentaire

Poster un commentaire