Pourquoi dit-on que les rousses sont des sorcières ?

Sataniques, diaboliques, démoniaques ou encore maléfiques, les rousses ont longtemps souffert d’un imaginaire lié à la sorcellerie. Particulièrement ancré au Moyen-Âge, ce préjugé plane encore parfois sur les femmes aux cheveux roux. Découvrez enfin pourquoi on a longtemps dit que les rousses étaient des sorcières.

Pourquoi dit-on que les rousses sont des sorcières ?

Le personnage d’Endora, dans Ma sorcière bien-aimée.

Les rousses sorcières : aux sources de l’histoire

Le lien entre rousseur et sorcellerie ne date pas d’hier ! On a tous en effet l’image de rousses dont on disait qu’elles brûlaient sur les bûchers durant l’Inquisition médiévale. Accusées de pacte avec le Diable dont elle portait les stigmates jusque sur leur chevelure, elles étaient ainsi soupçonnées de vouloir nuire aux autres… ou plutôt de les faire souffrir ! Le soufre pour la souffrance, dans leur chevelure et sur leur peau, comme des marques indélébiles de leur lien avec Satan. Rappelons que les taches de rousseur n’étaient guère mieux vues et souvent assimilées à des disgrâces forcément suspectes.

Si cette légende est souvent bien connue du grand public, ce que l’on sait moins, c’est qu’au Moyen-Âge, la rousseur était également liée à la prostitution. Pour preuve, en 1254, Saint-Louis promulgua un édit obligeant les prostituées à se teindre les cheveux en roux, dans le but de les distinguer des femmes « respectables ». Sorcières et libidineuses, le Moyen-Âge ne fut donc pas tendre avec les rousses…

Celles-ci portaient ici le lourd tribut d’un imaginaire collectif qui prend pour partie ses racines dans la Bible, ensemble de textes sacrés qui est venu façonner les esprits et légendes de l’époque. Esaü, Lilith, Judas ou encore Marie-Madeleine, figures bibliques (supposément) rousses ont ainsi contribué à l’ancrage du préjugé de sorcellerie.

On pense souvent que les idées reçues sur les roux et les rousses datent du Moyen-Âge. Les ennuis ont pourtant commencé dès l’Égypte antique, temps où  le dieu Seth, maître du désordre et du mal, était assimilé au Diable. Comment Seth était-il représenté ? Avec une tête de chacal et des cheveux roux, pardi !

Le roux : la marque de la sorcellerie

Mais pourquoi alors les roux et les rousses étaient-ils mal vus ? Tout simplement parce que dans l’inconscient collectif, le roux porte en lui la symbolique du rouge, couleur des flammes, du sang, de l’énergie excessive. Le rouge, et donc le roux, c’est à la fois la vie… et la mort.

Couleur ambivalente et mystérieuse, la rousseur a donc intrigué très tôt par son caractère hors-norme. Si l’on sait aujourd’hui que les cheveux roux sont dus à des variations de mélanine, ces explications scientifiques demeurent malgré tout récentes. À l’époque où les recherches génétiques n’existaient pas, il était donc coutumier de verser dans des suppositions… un peu tirées par les cheveux.

La symbolique entourant le rouge s’est donc invitée dans les esprits. Les rousses et les roux devinrent les alliés du Malin, maléfiques et diaboliques. Leur visage, constellé d’éphélides, venait asseoir cette croyance.

La méconnaissance des causes génétiques de la rousseur amena ainsi son lot de légendes et de superstitions insensées. Le lait des nourrices rousses était ainsi réputé empoisonné, les roux conçus pendant leurs règles de leur mère.

Bien que les connaissances scientifiques aient aujourd’hui fait un bond, il est curieux de constater malgré tout une subsistance du préjugé assimilant rousses et sorcières. Comment expliquer un tel phénomène ?

Rousses : le diable n’est pas loin

Les roux et les rousses représenteraient 2 % de la population européenne. Différents malgré eux, ils constituent donc une minorité et subissent encore parfois le poids du jugement d’autrui. Durant l’Antiquité, au Moyen-Âge ou de nos jours, il est une rengaine qui semble intangible : ce qui est différent fait peur. Mieux vaut alors se tenir à distance et dénigrer pour se protéger.

Mais les comportements humains n’expliquent pas à eux seuls la persistance des préjugés sur les roux.

Les médias, et notamment la littérature ou le cinéma, continuent à entretenir toutes ces croyances. Si l’on se penche à nouveau sur le cas des sorcières rousses, on voit en effet que la légende resurgit de-ci de-là sur écran comme sur papier.

On peut ainsi citer le film Les ensorceleuses, où Nicole Kidman avait ravivé son roux pour camper le rôle d’une sorcière sexy. Sur le petit écran, on pensera également au personnage de Mélisandre dans Game of Thrones. Côté livres, les auteurs ne sont pas plus en reste comme La sorcière rousse de Francis Scott Fitzgerald ou Toutes les rousses ne sont pas des sorcières de Valérie Bonnier.

Rousse sexy ou rousse sorcière, il n’y a finalement qu’un pas. Et ça, les médias l’ont bien compris !


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