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Il photographie les roux(-sses): Joel Meyerowitz

Retour en images sur le projet Redheads du photographe américain Joel Meyerowitz. Un artiste qui a fait le choix de mettre la rousseur en lumière.

Joel Meyerowitz est un des premiers photographes américains à avoir travaillé en couleur, aux débuts des années 60. « L’image en couleur était plus riche d’informations. Il y avait beaucoup plus à voir et à réfléchir, tandis que le noir et blanc réduisait le monde à des nuances de gris ». Photographe de rue dans la lignée d’Henri Cartier-Bresson et Robert Frank, il s’essaiera également au paysage et au portrait.

Redheads : 60 portraits de roux

Ce sont ensuite les roux qu’il décide de mettre à l’honneur dans un ouvrage paru en 1991. Celui-ci regroupe une soixantaine de portraits de roux qu’il a rencontrés à Cape Cod. Dans sa préface, Joel Meyerowitz explique avoir publié une annonce dans un journal local, appelant les roux et les rousses, hommes, femmes et enfants, à venir le rencontrer pour une prise de vue, sur un pont au bord de la plage. Avec son âme de pêcheur, il affirme vouloir trouver des roux comme il rechercherait « des poissons tropicaux dans la mer. »

Le livre redheads rousse roux de joel meyerowitz

Au gré de ces rencontres, le photographe prendra la mesure des émotions qui traversent ses modèles: pour participer à ce projet, beaucoup d’entre eux auront « dépassé leur timidité« , mobilisant ainsi « leur courage, leur curiosité et leur histoire » .

Le livre redheads rousse roux de joel meyerowitz

« Les roux sont à la fois ordinaires et singuliers »

Joel Meyerowitz devient alors le confident de ceux qui passent devant son objectif. Ils seront en effet nombreux à lui raconter leurs souvenirs d’enfance, les moqueries dont ils furent les victimes et cette stigmatisation dont ils se seraient bien passé: « Hey, Red », « Freckle face », « Carrot head ». Porté par son projet, il verra son intention artistique évoluer au fil des mois: « J’avais commencé à faire des portraits dans l’intention de photographier les gens ordinaires. Mais les roux sont à la fois ordinaires et singuliers ».

redheads-joel-meyerowitz-rousses-roux

Le photographe a néanmoins le sentiment que chacun d’entre eux a réussi à dépasser cette époque douloureuse. S’épanouissant dans une activité professionnelle ou personnelle, tous ces roux semblent s’être réconciliés avec eux-mêmes et ce qui fait leur identité.  Jadis montrés du doigt à cause d’une simple couleur de cheveux, ils témoignent tous de leur fierté d’être parvenus à faire de cette épreuve une véritable force. « C’est comme si « un lien de sang » les unissait ». L’objectif de Joel Meyerowitz à cet instant: capturer ce qui relie ces personnes qui ne se connaissent pourtant pas.

C’est dans cette même démarche que le photographe a souhaité superviser l’impression de son livre, afin de s’assurer que ses clichés seraient fidèlement reproduits. Ni retouche, ni artifice mais la simple essence de la rousseur…

Redheads de Joel Meyerowitz est disponible uniquement aux Etats-Unis et anglais dans le texte, aux éditions Rizzoli International Publications (1991). Un second opus du même nom est sorti en 2009, aux Editions Super Labo, présentant 16 clichés supplémentaires. Et oui, on ne se lasse pas de photographier les roux…

A lire aussi : Elle photographie les roux (-sses) – Anne Van Der Woude

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Miss Ginger

Blogueuse 100% rousse. Bavarde sans être verbeuse, insoumise mais pas inflexible, j’exhibe ma crinière avec fierté et caractère. Amis roux et rousses, ce blog vous est entièrement dédié !

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