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La définition du « rouquin » par Pierre Desproges

Dans son Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis (1997), l’humoriste Pierre Desproges livre une définition des roux (ou plutôt des rouquins !) assez déroutante…

Desproges, le penseur, Desproges le provocateur n’a pas épargné pour les roux et les rousses. Fallait-il y voir une forme de discrimination envers ceux qu’il appelait les « rouquins » ? Non, pas du tout. Avec le verbe et le talent qui le caractérisent, il cherchait avant tout à ridiculiser ceux qui se moquent et relaient les préjugés. Cette définition, par l’absurdité qui s’en dégage, dénonce le comportement de ceux qui se plaisent à stigmatiser ceux qui sortent de la norme.

« Rouquin, e adj. et n. Fam. : qui a les cheveux roux. Le rouquin est un mammifère vivipare omnivore assez voisin du blondinet. Pas trop voisin quand même, car le blondinet fuit le rouquin dont on nous dit qu’il pue, qu’il est la honte de l’espèce, le banni pestilentiel au regard faux sous un sourcil rouille. Méfions-nous des jugements hâtifs : la femelle du rouquin n’est pas la rouquine. Aussi vrai que celle du coquin n’est pas la coquine. Ou alors si, mais pas forcément. En règle générale, nous dirons que la coquine sied mieux au rouquin, et la rouquine au coquin, que la coquine au coquin ou la rouquine au rouquin. Parmi les différents types de rouquins, le rouquin cul-de-jatte est le plus défavorisé. À l’instar du manchot qui louche, le rouquin cul-de-jatte prête à rire doublement. On reconnaît le rouquin aux cheveux du père, et le requin aux dents de la mère. Passé la cinquantaine, le rouquin risque de perdre ses cheveux, soit par le simple effet du temps qui passe, soit à la suite d’un traitement anticancéreux généralement inutile, mais toujours à la mode chez les mondains de Villejuif. Dans un cas comme dans l’autre, il serait presque impossible alors de reconnaître un rouquin d’un homme normal, n’étaient-ce les tâches de rousseur que Dieu inventa au soir du Premier Jour, alors qu’il secouait ses pinceaux sans malice après avoir créé le premier crépuscule flamboyant à l’ouest d’éden. »

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Image de une :  © Roland Godefroy

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Élodie

Blogueuse 100% rousse. Bavarde sans être verbeuse, insoumise mais pas inflexible, j’exhibe ma crinière avec fierté et caractère. Amis roux et rousses, ce blog vous est entièrement dédié !

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